Dispositif Alert'errance

Sur le chemin de l'errance, avec l'aimable autorisation de l'artiste Chantal G.

Les personnes atteintes de maladie neuro-dégénérative ou assimilées perdent assez rapidement la notion du temps et de l'espace. Leur déficit cognitif les expose à se perdre, d'autant que, à partir d'un certain stade, elles n'ont pas conscience de leur déficit. Elles vivent dans un monde différent fait de réminiscences éparses qui peuvent lezs pousser à partir, à sortir de leur domicile ou de l'établissement où elles sont hébergées. Sans aucune logique, elles vont errer, terrorisées dans un monde qui leur est devenu inconnu et menaçant. Ces disparitions sont les causes de recherches qui peuvent mettre en jeu des moyens considérables des services de secours et de sécurité. Elles ne sont pas toujours retrouvées, ou trop tard... avec un coût humain et économique majeur.

Etude et mise en place d’un dispositif pour prévenir le risque de fugue et d’errance dans les établissements

(Communes d'Aubagne et de La Penne sur Huveaune).

On a recensé, dans les Bouches du Rhône, une cinquantaine de disparitions, dont une grande proportion est liée à ces maladies.

En Avril 2008 : le Préfet des Bouches du Rhône adresse aux maires des communes et aux forces de sécurité un courrier demandant de s’intéresser au problème des personnes fugueuses en établissement.

En Mai 2008: et mise en place par les villes d’Aubagne et de La Penne-sur-Huveaune une commission technique réunissant : la DDASS, le Conseil général des Bouches du Rhône, la DDTEFP, le SDISS 13, la Police nationale, la Gendarmerie nationale, les CCAS de ces Communes, le CLIC, le Pôle seniors d'Aubagne et le Fil rouge Alzheimer. Première réunion du comité de pilotage Alert'errance en 2008, rencontre avec les directeurs d'établissement en février 2009.

Ce dispositif repose sur trois axes :

  1. La prévention de l’errance des personnes hébergées dans les établissements.
  2. L’alarme précoce, dans les cas de disparition.
  3. L’organisation des recherches.

Afin d’optimiser son efficacité, ont également été définies les nécessités suivantes :

  1. Renforcer la coordination des services publics autour de l’errance.
  2. Optimiser la coordination des services de sécurité et de secours.
  3. Travailler à l’élaboration d’une “Charte de Bonnes Pratiques” avec les établissements accueillant des personnes âgées et/ou désorientées.
  4. Réaffirmer les droits et devoirs de chacun.

Suite à cette réunion, nous avons appelé les dirigeants d’établissement à participer à l’élaboration d’une charte.

Le dispositif ainsi constitué porte sur

1. Prévention des sorties intempestives des résidants :

  • par l'aménagement et l'équipement des locaux,
  • par une meilleure connaissance des services de secours des locaux et de l'environnement et la détection des failles dans le dispositif de sécurité,
  • par une responsabilisation et une implication de la direction et du personnel de l'établissement
  • par une formation du personnel et la mise en place d'outils et de protocole de recherche
  • par une évaluation objective du risque par le médecin coordonnateur et les référents des résidants (une fiche, rédigée par le Docteur Thierry Bautrant, est en cours d'expérience dans plusieurs établissements)
  • par une information aux familles, aux visiteurs et au voisinage.

2. L'optimisation des recherches en cas de disparition :

  • au sein de l'établissement par la précocité de la constatation de la disparition, par la mise en place de procédures de recherche et par des exercices réguliers de simulation;
  • par l'existence d'outil (dossier basique comportant les éléments descriptifs de la personne, des photos récentes en buste et sur pieds, informations sur son passé, ses habitudes, sa famille et ses référents);
  • par la transmission rapide de l'alerte-disparition à la Police et, en même temps, aux sapeurs-pompiers qui, connaissant bien l'établissement et ses environs, peuvent aider très rapidement aux recherches;
  • par une étroite coordination entre les services de secours et de sécurité (sapeurs-pompiers, police nationale, gendarmerie et polices municipales);
  • par une information des services départementaux (ou interdépartementaux) au niveau du SDISS.

Le dispositif a été formalisé par l'établissement d'une "fiche réflexe" entre les services de secours et de sécurité, et par la signature , le 12 avril 2010, d'un protocole d'accord entre les participants au dispositif ( DDASS, Conseil général des Bouches du Rhône, DDTEFP, SDISS 13, Police nationale, Gendarmerie nationale, Communes d'Aubagne et de la Penne sur Huveaune et leur CCAS, CLIC, Pôle seniors d'Aubagne et Fil rouge Alzheimer). Il est opérationnel.

  • Une action collective, soutenue par l'ANACT, est actuellement conduite auprès de 7 établissements de la région afin de rédiger une "charte de bonnes pratiques" permettant de formaliser au sein de établissements une prévention des disparitions et une meilleure prise en charge et organisation des recherches, par l'organisation des services et une formation améliorant le service rendu aux résidants et réduisant le stress du personnel.
  • En même temps une réflexion est conduite pour prévenir les errances des personnes vivant à domicile : détection de l'exposition au risque, systèmes de repérage, information du public, etc.

 Le dispositif Alert'errance au 25 février 2010

Invitation Copil du 13/12/2010

Revue de presse
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AJJ Aubagne

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